|
Extraits d’un message de Arthur Katz donné en Californie
(USA) Source : Ben Israël Fellowship, Route 2, Box 183, Laporte MN 56461,
U.S.A.
Ce soir, je crois que le sujet qui est
sur le cœur du Seigneur pour nous, c'est la conversion. Il nous faut marquer un
arrêt dans le déroulement de ces soirées pour nous poser la question de
l'authenticité de notre propre conversion. Je ne sais pourquoi, mais il est
possible d'être sauvé, d'être né de nouveau par l'Esprit, et même d'être rempli
de l'Esprit, sans pour autant être converti, c'est-à-dire sans vivre cet abandon
absolu à Dieu que requiert l'apostolicité authentique. Comprenez-vous
cela ?
Puisqu'en ce moment nous considérons l'apôtre Paul, je veux lire
le récit de sa conversion au chapitre 9 du Livre des Actes des Apôtres. Chose
frappante, ce livre des Actes relate ou mentionne trois fois cette conversion.
Peut-être n'est-il pas exagéré d'estimer que la qualité de la vie apostolique
qui s'ensuivit était en relation directe avec la qualité d'un tel commencement.
Autrement dit, il n'est peut-être pas possible, en un sens, d'aller au-delà de
ce que nous avons posé dès le point de départ. Il se peut que parmi nous,
certains aient besoin d'un nouveau départ, ou bien de prendre le départ s'il n'a
pas encore été pris. S'il n'a jamais été pris, nous serions condamnés à rester
fixés, dans notre vie chrétienne, au niveau d'un certain type de réponse,
inférieur à ce que le Seigneur désire intensément pour nous.
Nous lisons
dans Actes 9:1-16 : "Cependant Saul, qui respirait encore la menace et le
meurtre contre les disciples du Seigneur, se rendit chez le souverain
sacrificateur et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que,
s'il s'y trouvait quelques-uns, hommes ou femmes, qui suivent cette Voie, il les
amène liés à Jérusalem. Comme il était en chemin et qu'il s'approchait de Damas,
tout à coup une lumière venant du ciel resplendit autour de lui. Il tomba par
terre et entendit une voix qui lui disait : Saul, Saul, pourquoi me
persécutes-tu ? Il répondit : Qui es-tu, Seigneur ? Et le Seigneur dit : Je suis
Jésus, que tu persécutes ; il te serait dur de regimber contre les aiguillons.
Tout tremblant et stupéfait, il dit : Seigneur, que veux-tu que je fasse ? Alors
le Seigneur lui dit : Lève-toi, entre dans la ville, et l'on te dira ce que tu
dois faire. Les hommes qui voyageaient avec lui s'étaient arrêtés, muets de
stupeur ; ils entendaient la voix, mais ne voyaient personne. Saul se releva de
terre, et, malgré ses yeux ouverts, il ne voyait rien ; on le prit par la main
pour le conduire à Damas. Il fut trois jours sans voir, et ne mangea ni ne but.
Or, il y avait à Damas un disciple du nom d'Ananias. Le Seigneur lui dit dans
une vision : Ananias ! Il répondit : Me voici, Seigneur ! Et le Seigneur lui
dit : Lève-toi, va dans la rue appelée la droite, et cherche, dans la maison de
Judas, un nommé Saul de Tarse. Car il prie et a vu en vision un homme du nom
d'Ananias, qui entrait et lui imposait les mains, afin qu'il recouvre la vue.
Ananias répondit : Seigneur, j'ai entendu dire par beaucoup combien de mal cet
homme a fait à tes saints dans Jérusalem ; et il a ici, de la part des
principaux sacrificateurs, le pouvoir de lier tous ceux qui invoquent ton nom.
Mais le Seigneur lui dit : Va, car cet homme est pour moi un instrument de
choix, afin de porter mon nom devant les nations et les rois, et devant les fils
d'Israël ; et je lui montrerai combien il faudra qu'il souffre pour mon
nom."
Prions : "Merci, Seigneur bien-aimé, de cette lumière qui a brillé
sur un ennemi et qui l'a converti en profondeur, faisant d'un meurtrier le
principal apôtre de l'Eglise. Quelle œuvre extraordinaire, Seigneur ! Elle
descend du ciel au moment fixé par toi, en dépit de toutes nos oppositions. Que
la parole de ce soir, Seigneur, vienne toucher ceux d'entre nous qui ne sommes
pas encore tombés face contre terre devant toi et qui dirigent leurs pas d'après
leur propre vision et non la tienne. Que nous soyons abaissés afin d'être
ensuite relevés ; que nous puissions apprendre ce qu'il nous faut souffrir pour
l'amour de ton nom, nous qui devons nous tenir devant des nations, devant des
rois, et tout particulièrement en ces derniers temps, devant la maison d'Israël.
Viens nous parler, Seigneur, à travers ce passage. Sois loué et remercié de nous
donner des paroles de grâce auxquelles ce passage deviendra pour nous une
réalité vécue, dans le saint nom de Jésus, Amen."
Comme je l'ai dit, le
point de départ de la vie apostolique en conditionne dans une large mesure
l'aboutissement. Chez beaucoup d'entre nous, il y a un dysfonctionnement ; nous
ne marchons pas dans la plénitude, car il y a eu un manque au point de départ.
Je pourrais disserter longuement sur les carences dans la prédication actuelle
de l'Evangile, lequel devient une sorte de formule en vue de l'obtention du
salut, plutôt qu'un enracinement dans la foi très sainte, comme ce que connurent
les païens de Thessalonique, qui par la prédication apostolique de l'Evangile se
détournèrent des idoles "pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre
des cieux son Fils qu'il a ressuscité d'entre les morts, Jésus, qui nous délivre
de la colère à venir" (I Thessaloniciens 1:9-10). Ces paroles prouvent qu'ils
entendirent une présentation bien plus complète, bien plus puissante de
l'Evangile que la plupart d'entre nous ; aussi, dès le moment de leur
conversion, leur vie manifesta-t-elle une qualité particulière, marque
spécifique de leur église. Leur vie reflète leur commencement, comme notre vie
reflète notre commencement.
Mais Dieu soit loué, car si un commencement
défectueux, inadéquat, a affecté notre manière de marcher, Dieu a les moyens de
nous faire prendre un nouveau départ. Je vois là une sorte de parallèle avec la
"grande traversée" qu'Israël eut à faire avec Josué. Le nom "Jourdain" veut
dire, littéralement, "descente dans la mort". Traverser le Jourdain, c'est
laisser derrière soi ceux qui, pendant quarante ans, ont erré de-ci, de-là dans
le désert religieux jonché des cadavres de ceux qui n'avaient pas le cœur entier
d'un Caleb ou d'un Josué (Caleb signifie : "au cœur entier"). Sur toute une
génération, deux hommes seulement connurent le privilège d'être accueillis dans
le pays de la promesse et de participer à la prise de ce pays. C'est devant
pareille croisée des chemins que nous nous tenons aujourd'hui. Il est temps de
passer sur l'autre bord ; et la pensée qu'il était indispensable d'effectuer ce
passage a pesé lourdement sur mon cœur pendant tout mon séjour auprès de vous
ici, et pendant les jours précédents.
Saviez-vous que toute la maison
d'Israël n'avait pas traversé le Jourdain, mais que les tribus de Gad, de
Manassé et de Ruben avaient choisi de rester en-deçà ? Elles restèrent là parce
que la terre était fertile, que l'herbe était drue, et qu'en bons éleveurs de
bétail ils avaient vu là une source de profit immédiat. Ils refusèrent de courir
le risque de la foi quant à ce qui se trouverait sur l'autre bord. Ils
supplièrent Moïse et il exauça leurs supplications. Mais dès lors, ils ne
jouèrent plus le moindre rôle dans l'histoire d'Israël. Un seul fait affligeant
nous rappelle cette tribu de Gad : les Gadaréniens, dans le Nouveau Testament,
étaient ces éleveurs de porcs qui allaient refuser d'accueillir un Libérateur
dont les actions s'avéraient coûteuses pour leur chair. Ils aimaient mieux
conserver leurs troupeaux qu'accueillir celui qui chassait les démons,
précipitait les troupeaux dans la mer.
Quel commentaire que cet épisode,
quant aux conséquences de ce refus de traverser : restés du mauvais côté, les
Gadaréniens ont dépéri ! La raison, me semble-t-il, est invariablement la même :
la satisfaction de notre chair. En-deçà du passage, nous sommes assurés du
nécessaire pour nos "troupeaux", c'est-à-dire du nécessaire pour nos intérêts
immédiats. Aujourd'hui comme alors, il est absolument nécessaire de passer d'un
bord à l'autre, de peur que nos cadavres ne jonchent cette rive qui est en-deçà,
ou que nous ne soyons la proie de cette affligeante dégénérescence qui affecta
les tribus de Gad et de Manassé. Ils se fixèrent là, refusant de passer sur
l'autre rive, au nom de leurs troupeaux. Nous venons de voir ce qu'était devenu
le pays des Gadaréniens au temps de Jésus, des siècles plus tard. A l'heure
actuelle, l'histoire n'a même pas retenu leur souvenir ; ils n'y ont contribué
en rien.
On peut donc affirmer que la conversion (celle de Paul comme la
nôtre) joue un rôle capital. Au début du récit, on trouve ces mots : "Il était
en chemin…" Il y a davantage à espérer, à mon avis, d'un ennemi de Dieu qui est
"en chemin" en toute sincérité, même s'il erre, que de ceux qui se disent amis
de Dieu et qui ont depuis longtemps cessé de cheminer, mais font du "sur place",
installés bien au chaud quelque part. Il y a plus d'espoir pour la conversion
d'un ennemi, pour lamentable que soit son erreur, car l'erreur est alors le
signe d'une soif intense de Dieu, pour grand que soit le degré d'égarement, que
pour la conversion de ceux qui, parmi nous, sont enfermés dans un cocon de
doctrines et de credos irréprochables, et qui ne cheminent pas du tout ! Ces
paroles : "il était en chemin" suscitent un frémissement dans mon esprit. Saul
serait-il passé par cette conversion s'il avait cherché un lieu où on est à
l'abri des "coups de tabac", bien installé dans cette pensée orthodoxe
traditionnelle dont se satisfaisaient la plupart de ses contemporains ? “Mais
alors qu'il était "en chemin, …tout à coup une lumière venant du ciel resplendit
autour de lui." Je me demande si la condition, pour que nous aussi, nous
recevions cette lumière-là, n'est pas, justement, d'être en chemin ? Est-ce que
lorsque le Seigneur voit notre quête, il n'y a pas plus d'espoir pour nous
d'être saisis par la lumière divine, que si nous nous satisfaisons de faire du
"sur place" ?
Mais tant que cette lumière-là n'a pas resplendi, tant
qu'une lumière venue d'en haut n'a pas brillé sur nous, nous sommes dans
l'incapacité d'avancer. Toutes choses viennent de la main de Dieu, cette main
puissante et souveraine. Et les yeux du Seigneur ne cessent de parcourir la
terre, pour chercher ceux qui ont un cœur bien disposé envers lui. S'il n'en
était pas ainsi, je ne serais pas en train de vous parler ce soir. Je n'aurais
pas la foi, et serais mort depuis longtemps. Mais alors même que j'étais athée,
ennemi de Dieu, "respirant la menace et le meurtre contre l'Eglise", il y a
trente ans, plein de cette hostilité véhémente que connaissait Saul, je fus
arrêté en chemin. Sans doute Dieu a-t-il vu, malgré mes égarements, malgré mon
hostilité envers l'Eglise et envers la foi, incapable que j'étais d'articuler le
Nom de Jésus sinon pour jurer et blasphémer, que mon cœur avait soif de vérité,
et que je consentais à "être en chemin". Je crois qu'une telle disposition plaît
à Dieu, y compris après la première rencontre avec lui !
Combien j'aime
la façon dont le Seigneur alla à la rencontre de Saul, qui tomba à terre et
entendit une voix disant : "Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu". Si on
examine en quoi consiste exactement la conversion, la nature du retournement
qu'elle produit obligatoirement, on voit que c'est cette persécution-là qui est
l'erreur fatale. Si elle parvient à son terme, cette erreur nous amènera à
persécuter Dieu et l'Eglise. "Pourquoi me persécutes-tu ? Cette erreur consiste
à accorder plus d'importance au "tu" qui nous désigne qu'à la personne du
Seigneur lui-même. "Pourquoi me persécutes-tu, toi ? Pourquoi célèbres-tu et
élèves-tu tes intérêts personnels, ces intérêts tout pétris de piété, ces
intérêts que tu crois sanctifiés, au-dessus de ma Personne ?" C'est maintenant
qu'il me faut faire entièrement confiance au Saint-Esprit, pour qu'il se
saisisse de cette question si simple mais bien plus profonde que tout ce qu'on
peut en dire, afin qu'il révèle à chacun le point capital. Nous ne sommes pas
convertis tant que la Personne du Seigneur n'a pas priorité sur ce "tu" par
lequel il nous désigne. C'est là que se trouve le piège mortel, la possibilité
de nous égarer complètement. Ce qui est tragique, c'est qu'il nous arrive de
passer toute notre vie à mettre le "tu" par lequel Dieu nous désigne avant la
Personne du Seigneur Lui-même, tout en étant remplis de piété. Il faut donc un
arrachement à cette manière d'être, une correction radicale de la trajectoire.
De ces deux réalités, il faut que l'une prenne le pas sur l'autre : que la
Personne du Seigneur prenne le pas sur la nôtre. Sinon, assurément d'une manière
ou d'une autre, nous persécutons Dieu : nous lui faisons obstacle, alors même
que nous prétendons mettre toutes nos forces à son service ! N'est-ce pas là le
fidèle portrait de Saul ? Notez le bien : Saul n'avait rien de l'athée qui a
délibérément pris position contre Dieu ; il était au contraire rempli de zèle
pour Dieu. L'erreur qui lui fit persécuter le peuple de Dieu, et Dieu lui-même
au travers de ce peuple, était le fait d'un homme pieux qui, en dépit de toutes
ses bonnes intentions, mettait sa propre personne au-dessus de la Personne de
Dieu.
Où en êtes-vous ce soir ? Si un homme rempli d'intentions aussi
droites et d'autant de zèle pour Dieu a pu commettre cette erreur si grave, si
fatale (s'emparer des hérétiques et les ramener à Jérusalem), à combien plus
forte raison ne sommes-nous pas capables de commettre une erreur aussi grave,
aussi fatale ? Le nœud de la question est le motif qui nous fait donner plus de
place à notre propre moi qu'à la Personne de Dieu. Cette attitude est typique de
l'Eglise actuelle, même dans ce qu'elle a de meilleur, de plus charismatique. Ce
qui continue de primer, c'est notre moi. Nous continuons à poser la question :
"Qu'est-ce que cela nous apporte ? C'est le signe d'un entêtement, d'un
égocentrisme spirituel dont nous n'avons pas conscience. De quelque manière
qu'il s'exprime, il ne peut être délogé que par une conversion en profondeur. En
réalité, la conversion, c'est cela.
Il est possible que nous soyons
sauvés, et même remplis du Saint-Esprit ; pourtant, ce problème profond que je
viens d'évoquer reste parfois entier tant qu'une lumière ne tombe pas du ciel
pour nous faire tomber face contre terre. Même au cours des deux soirées
précédentes, n'avons-nous pas assimilé la Parole de Dieu de manière à la faire
cadrer avec nos propres structures mentales préétablies, ces structures qui
servent à nous affirmer nous-mêmes, détournant ainsi à notre profit cette Parole
par laquelle Dieu voudrait nous détrôner, et, s'il le faut, nous dévaster ? Je
vais répéter ce que je viens de dire : Combien sommes-nous à avoir écouté la
Parole, et à l'avoir reçue en la filtrant à travers notre subjectivité, en
l'adaptant à tout ce qui, dans notre vie, est déjà bien en place, à nos propres
catégories ? Combien sommes-nous à avoir trouvé un moyen de faire cadrer cette
Parole avec notre propre image de nous-mêmes, avec la spiritualité qui est la
nôtre, la vocation qui est la nôtre ? Pour être inconsciente, cette démarche
n'en est pas moins une manière de nous placer nous-mêmes au-dessus de la Parole,
en décidant nous-mêmes de ce qui, dans cette Parole, pourra s'adapter sans
douleur aux catégories qui ont déjà reçu notre approbation. Au lieu de permettre
à la Parole de dévaster ces catégories, nous nous élevons en arbitre au-dessus
d'elle. Nous la modelons avec soin afin de pouvoir l'intérioriser
confortablement ; nous la célébrons et la nommons "Parole de Dieu", nous
applaudissons celui qui l'a apportée, et nous croyons qu'ainsi nous avons rendu
service à Dieu.
Comprenez-vous pourquoi nous avons absolument besoin
d'être convertis ? Cet égocentrisme atteint en nous des profondeurs que nous ne
pouvons sonder, Comble de l'ironie, c'est dans le domaine spirituel qu'il pousse
ses racines les plus profondes. Y-a-t-il pire offense à Dieu, pire moyen de
donner plus d'importance à notre personne qu'à la Sienne, que cette façon
d'entendre la Parole et de la recevoir de manière conditionnelle ? C'est un
processus totalement inconscient, auquel nous nous livrons depuis des années,
passant ainsi à côté du vrai sens de cette Parole et des intentions de Dieu qui
nous l'envoie.
Aussi le Seigneur dit-il ce soir : "Arrêtez ! Je n'irai
pas plus loin. Je n'ouvrirai pas les saints trésors de la foi apostolique à un
peuple qui va s'en emparer et se les approprier de façon à les adapter à ses
structures mentales préexistantes, car en ce faisant, il trouve le moyen
d'élever ce que la Parole aurait dû dévaster." Dans la pratique, nous nous
plaçons au-dessus de la Parole de Dieu, en décidant dans quelle mesure nous
l'accepterons, dans quelle mesure nous lui ferons confiance. Nous décidons
nous-mêmes jusqu'à quel point, en fait, nous l'intérioriserons et la mettrons en
pratique. Est-ce que vous vous rendez compte que nous n'arrêtons pas de faire
cela ? Notre Dieu est saint. Là, en notre présence, il épanche son cœur pour
nous, et voilà que consciemment ou inconsciemment nous calculons, nous supputons
jusqu'à quel point il serait réaliste de recevoir cette Parole-là et de nous y
conformer ! Je crois que le malaise profond de l'Eglise s'explique par ce que je
viens de dire. voilà la raison pour laquelle l'Eglise manque tant de fraîcheur,
la raison pour laquelle elle ne marche pas de foi en foi et de gloire en
gloire ; la raison pour laquelle les cultes sont remplis de "prédications"
plutôt que de la Parole de Dieu, dont le propre est d'exiger une réponse, un
changement, ce qui est précisément pourquoi la Parole nous est donnée. Nous
l'écoutons, mais sans être déterminés à la mettre en pratique. Nous nous bornons
à en approuver le caractère biblique et à y prendre plaisir. Ne voyez-vous pas
que nous nous approchons de la Parole avec toute une mentalité qui fait
justement barrage à ce que cette Parole a de plus précieux, et à ce qu'il y a de
plus précieux dans l'intention de Dieu ?
Si nous ne permettons pas à la Parole de nous changer, existe-t-il
quelque autre moyen par lequel nous puissions être changés ?
Nous ouvrons-nous totalement à la Parole, nous dépouillant
de tout à-priori, afin qu'elle fasse en nous son œuvre jusqu'au bout ?
Consentons-nous à dire : "Seigneur, qu'il me soit fait selon ta Parole ?" Je ne
sais où cela me mènera. Cela pourrait entraîner la perte de ma maison, de mon
niveau de vie, de toute ma façon d'être ; la perte de ce pourquoi j'ai travaillé
depuis si longtemps, de choses qui ne sont pas intrinsèquement mauvaises. Mais
tant que nous ne parvenons pas à cette attitude de cœur qui consiste à demander
sans cesse, chaque fois que nous entendons la Parole, "Qu'il me soit fait selon
ta Parole", nous ôtons à cette Parole son caractère divin et nous ne lui
permettons pas d'accomplir son œuvre en nous. Nous la réduisons à l'état de
banale "prédication" que nous nous réservons le droit d'approuver ou de
rejeter.
A quoi Marie s'engageait-elle quand elle répondit : "Qu'il me
soit fait selon ta parole". A rien de moins qu'à l'acceptation d'une grossesse
qu'elle ne saurait expliquer à personne dans cette génération de gens pieux,
remplis de leur propre-justice, disposés à lapider à mort sur le seuil de la
maison paternelle toute femme enceinte pour des raisons suspectes. Même encore,
le Talmud, ce commentaire rabbinique, fait allusion à Marie de façon voilée et
suggère qu'elle était enceinte de quelque soldat romain. Est-il possible de
rendre compte autrement d'une grossesse inexplicable ? Quand Marie déclara :
"Qu'il me soit fait selon ta parole", elle voulait dire : "Je consens à
supporter toutes les conséquences de cette parole, même si elle devait attirer
sur moi une mort déshonorante, alors qu'en réalité, je suis une vierge
d'Israël."
Écoutez-moi bien : quand Dieu trouve un cœur tel que celui-là,
il n'y a pas de limite à l'œuvre divine qui peut alors commencer. Quand je pense
au potentiel qui est réuni dans cette salle ce soir ! (et je ne parle pas
seulement de cette assemblée-ci, mais aussi à ceux qui n'en font pas partie).
Quand je pense à ce que les personnes qui sont ici pourraient représenter dans
l'œuvre divine des temps de la fin pour un monde ébranlé et détruit par la
violence, la souillure, les perversions et les corruptions en tous genres, pour
ce monde qui attend les envoyés de Dieu, je sens quelque chose comme la
frustration du Seigneur, qui ne peut accomplir ces choses que lorsque les siens
reçoivent sa Parole dans cette même disposition virginale, en acceptant toutes
les retombées quelles qu'elles soient ! "Seigneur, qu'il me soit fait selon ta
Parole."
Si vous acceptez dans votre cœur la pensée d'être inévitablement
conduit à une mort sous une forme ou sous une autre, vous vous épargnerez
l'exaspération inutile qu'il y a à se demander quelle forme prendra
l'accomplissement de cette Parole dans votre cas particulier . Qu'il s'agisse de
lapidation sur le seuil de la maison paternelle, de disgrâce, de rejet par les
hommes, d'hostilité, d'incompréhension, de huées, d'invectives ou de quelque
autre opprobre, avec tous les dangers physiques ou moraux qui s'y attachent,
qu'importe ? Dieu attend toujours, et n'a jamais eu d'autre point de départ pour
ses œuvres, en dehors de celui qui dira : "Qu'il me soit fait selon ta
Parole".
Soyons attentifs à la réaction de Saul quand il se retrouva en
face de Jésus qui lui disait : "Saul, tu as célébré et exalté ta propre personne
en lui donnant plus de place qu'à la mienne". Saul prononça une parole forte,
une parole apostolique, dont l'écho a retenti tout au long de la carrière qui
s'ensuivit : "Seigneur, que veux-tu que je fasse ?" Je tiens à ajouter que
chaque fois que nous prononçons le mot "Seigneur" sans que ce terme implique
tout le reste du propos de Paul, "Que veux-tu que je fasse ?" nous jouons avec
une chose sainte et nous prenons le Nom du Seigneur en vain. Bien-aimés, j'ai
une question à vous poser. Quand avez-vous, pour le dernière fois, passé avec
Dieu un contrat qui vous engageait de façon aussi inconditionnelle que cet acte
initial de Paul au début de son parcours apostolique ? Cette question qu'il posa
inclut toutes les autres questions possibles : "Seigneur, que veux-tu que je
fasse ?" Pas l'ombre d'un "si", ni d'un "mais", ni d'une condition quelconque.
Ni stipulation, ni garantie, ni requête ; il ne demanda même pas d'être
illuminé, de comprendre, ni de recevoir quelque explication. Si le Seigneur est
le Seigneur, nous n'avons qu'une seule chose à faire : tomber à terre devant
Lui, en élevant vers Lui ce seul cri dont l'écho durera aussi longtemps que
durera notre vie terrestre : "Seigneur, que veux-tu que moi, je fasse ?" Nous
poussons ce cri une seule fois, mais ou bien son écho retentit jusqu'à la fin de
nos jours, ou bien notre vie n'a rien d'apostolique. Voilà la principale raison
d'être de la parole que nous entendons ici ce soir. Il se trouve que mon
porte-document est plein de messages excellents, mais je n'ai pas la liberté
d'en utiliser ou d'en citer un seul, malgré la joie que j'aurais à répandre ici
cette semence précieuse et sainte que Dieu m'a confiée. En effet, toute parole
qui sort de ma bouche, tout service que j'accomplis, ou que vous accomplissez,
doit découler de cette unique question : "Seigneur, que veux-tu que je
fasse ?"
Combien de carrières apostoliques sont en jachère ici ce soir ?
Combien de prophètes y a-t-il dans cette salle ? Combien d'évangélistes, de
docteurs, de pasteurs ? Combien de femmes appelées à cet enfantement spirituel
qu'est la prière d'intercession ? Combien d'appels divins en suspens, dans
l'attente de cette question : "Seigneur, que veux-tu que je fasse ?" qui n'est
pas encore parvenue aux oreilles de Dieu, n'a pas été prononcée devant lui sans
l'ombre d'une réserve, par des gens qui ont déposé toutes leurs qualifications
humaines ? Cette parole est l'expression de l'abandon total, de l'abandon
apostolique. Et tant que le Seigneur ne l'a pas entendue, il ne vous dira pas ce
que vous avez à faire. Qu'il y ait des œuvres à accomplir, c'est l'évidence
même. Mais elles ne pourront être accomplies que dans la puissance que Dieu
confère à ceux à qui Il peut confier de telles œuvres. L'Esprit est donné sans
mesure à ces fils dont le but n'est plus de se satisfaire eux-mêmes, et qui
désormais ne vivent plus pour eux-mêmes, mais qui puisent leur vie dans cette
seule question : "Seigneur, que veux-tu que je fasse ?"
Vivre ainsi,
c'est la vraie vie ! Tout ce qui reste en-deçà est privation. Tout ce qui reste
en-deçà est au conditionnel, est d'ordre inférieur. En-deçà, on s'expose aux
craintes, aux doutes, à l'instabilité, à tout ce qui rend infirme, entraîné dans
le compromis, attirant l'attention sur nous. Nous ne connaissons la libération
que lorsqu'enfin nous en venons à dire au Seigneur, du fond de notre être, que
nous lui donnons ce qu'Il désire, que nous lui donnons ce qu'Il ne peut ni
commander ni contraindre, cette réponse qui ne peut être donnée que sans
réserve, en toute liberté, en toute gratuité. Tant que nous n'avons pas fait
cela, nous aurons beau prendre le ton le plus pieux, nous ne L'avons pas encore
reconnu comme Seigneur.
"Seigneur, que veux-tu que je fasse ?"
Invariablement, je crois que cette question reçoit la même réponse, quoique
celle-ci prenne des formes infiniment variées : "Je lui montrerai tout ce qu'il
devra souffrir pour mon Nom." Il n'est guère étonnant que nous nous abstenions
de poser la question ! Comme elle est juste, cette intuition qui nous fait
pressentir que la réponse sera infailliblement celle-là. Mais, chers amis, au
cas où vous ne le sauriez pas déjà, je vous dis qu'à toute souffrance découlant
de l'obéissance au Seigneur s'attache une gloire ineffable, une récompense
éternelle, et une joie qui demeure, même au milieu de la souffrance, de la
détresse, de l'incompréhension humaine, et de l'opprobre provenant d'une
obéissance impliquant des actes. Demandons-nous si depuis le début de notre
marche chrétienne, à un moment ou à un autre, nous avons posé à Dieu cette
question : "Seigneur, que veux-tu que je fasse ?" avec l'intention de lui obéir
inconditionnellement, et pas simplement pour obtenir une réponse ponctuelle liée
à la situation du moment, mais afin de vivre tout le reste de notre vie dans la
lumière de cette question.
Il n'existera
d'Eglise apostolique que lorsque cette question-là sera posée, et restera posée
en permanence.
"Mais, direz-vous
peut-être, tu n'as pas compris, Art. J'ai une profession ; je suis médecin, je
ne suis pas un de ces "fous de Jésus", un cinglé du genre de Saul. Il n'avait
pas grand-chose à perdre, lui. Mais moi, j'ai une famille et des responsabilités
professionnelles." En fait, Saul était le plus brillant des disciples du Rabbin
Gamaliel. Si jamais homme a jeté aux orties une carrière ecclésiastique en
posant à Jésus cette question, compromettant ainsi un parcours qui lui aurait
rapporté la gloire dans le monde de l'orthodoxie juive encore aujourd'hui, c'est
bien Saul. Mais il a abandonné tout cela, en l'appelant "des balayures" le jour
où il a posé la seule question juste qu'une créature, quelle qu'elle soit,
puisse poser à Son Créateur : "Que veux-tu que je fasse ? Peu importent les
retombées, peu importent les pertes : "Tu es Seigneur, et à moins que tu ne sois
le Seigneur de cette question, tout ce que je pourrais avoir la présomption de
dire en Ton Nom serait dérision, contrefaçon, exercice religieux qui dans le
meilleur des cas n'atteint pas à la gloire de Dieu !"
Et retenez bien
ceci : l'ironie de la situation est que si vous persévérez dans ce genre
d'exercice, dans les derniers temps vous ne vous retrouverez pas parmi les
persécutés, mais parmi les persécuteurs ! Des forces centrifuges sont
constamment à l'œuvre et nous jettent soit dans l'une, soit dans l'autre de ces
deux orbites : celle de l'apostolicité, ou bien celle de l'apostasie finale ! En
effet, "l'amour du plus grand nombre se refroidira". Les derniers temps seront
ceux de la grande apostasie, de la chute de beaucoup, de ceux qui ne seront pas
parvenus à suivre le Seigneur partout où Il veut les conduire, et se seront
laissés happer par le tourbillon de tout ce qui est inférieur à l'apostolicité.
Pour eux, l'apostolicité devient une offense ; ils deviennent les ennemis et les
persécuteurs des "apostoliques''. Telle sera la fin de ceux dont le moi prend
plus de place que la Personne de Dieu.
La révélation de la personne du
Seigneur ne peut nous être donnée que si nous nous donnons à Lui sans réserve.
Il ne va pas dilapider ce trésor qu'est la connaissance de Sa Personne selon la
vérité, à moins qu'Il ne voie devant Lui un peuple disposé à Le servir dans la
vérité. Et pour le moment, ce peuple est aux prises avec une image tronquée, une
image insuffisante de Dieu. Si nous Le connaissions vraiment, nous verrions à
quel point notre vie spirituelle se trouve paralysée parce que nous sommes
incapables de nous élever au-dessus de notre vision tronquée de Jésus. Nous
avons assimilé l'image de Jésus, nous l'avons filtrée au travers de notre
subjectivité pour servir nos propres buts. Il faut poser cette question
sérieusement, en toute vérité "Qui es-tu, Seigneur ?"
Pour ma part, je me
suis rendu coupable d'avoir dit "Seigneur" à la légère, par facilité. Qui ne l'a
jamais fait ? Mais je suis obligé de reconnaître, dans cette lumière qui brille
sur nous du haut des cieux ce soir, que je ne Le connais pas comme je devrais Le
connaître. "Qui es-tu ?" Sa réponse est : "Je
suis celui qui suis. Je serai celui que je serai.
Je suis Jésus. Je ne suis pas ton copain, je ne suis pas là premièrement pour te
dépanner dans l'existence, ou pour réparer ton union conjugale, bien que je
fasse aussi toutes ces choses-là. Je suis plus élevé que ton besoin.
Je suis Jésus.'' A moins que nous ne recevions cette révélation-là, et que
nous ne la recevions face contre terre, nous sommes inaptes au moindre service
apostolique. Notre service ne peut s'élever au-dessus de ce que nous connaissons
réellement de Dieu. Notre service est le reflet de cette connaissance. N'est-ce
pas pour cette raison-là que nous sommes victimes de ministères médiocres ?
N'est-ce pas pour cette raison-là qu'on nous convie à "accepter" le Seigneur, et
à répéter une prière ? Louons Dieu de ce qu'Il honore de telles démarches ; mais
voyez à quel point notre vie est rabougrie, combien de bourdes nous avons
commises, en divorçant, nous remariant… Jamais nous n'avons connu le
Seigneur comme il aurait fallu, et pourtant nous voilà en train de "chanter ses
louanges", ou du moins, c'est ce qu'il nous semble. Et les puissances des
ténèbres qui planent au-dessus de nos têtes se régalent de voir perpétuer de
tels usages, car cela ne les gêne en rien, cela ne les effraie en rien. Allez-y,
continuez la ronde de vos cultes et de vos programmes. Rien de tout cela ne met
en péril le royaume des ténèbres parce que vous n'avez pas la possibilité de
vous élever au-dessus de votre connaissance insuffisante de Dieu. Prononcer le
nom de Dieu tient de la récitation, de la formule ; cela reste superficiel, ce
n'est pas une invocation puissante.
Celui-là seulement qui est passé par
la conversion profonde, qui est tombé face contre terre et doit être relevé
comme un aveugle, celui qui ne regarde plus à l'homme, quel que soit cet homme,
celui qu'on doit conduire par la main comme un enfant, celui-là seul est capable
de menacer le royaume des ténèbres ! Combien, parmi nous, désirent être conduits
ainsi, emmenés comme de petits enfants dont on tient la main ? Voilà que Saul,
le plus brillant des disciples du Rabbin Gamaliel, Saul, qui savait réciter des
livres entiers de la Bible avec interprétation rabbinique à l'appui, gisait par
terre, aveugle, complètement ravagé par la parole que lui avait adressée cette
voix qui l'appelait par son nom. Quand il se leva, il ne voyait toujours rien, à
cause de cette lumière. Il fallut le conduire par la main, et il avait cessé
pour toujours de regarder à l'homme. Plus jamais, je crois, il ne porta sur les
hommes le regard que nous portons sur eux, nous qui sommes apeurés, intimidés,
entraînés dans les compromis. Dans notre vie chrétienne, la crainte de l'homme
pèse si lourd ! Elle a le pouvoir terrible de nous opprimer parce que jamais
encore nous ne sommes tombés à terre, pour nous relever aveuglés par cette
lumière-là qui empêche à tout jamais de regarder à l'homme, y compris à
nous-mêmes dans ce que nous avons de trop humain.
Il faut que je vous
dise maintenant quelle est la duperie la plus cruelle et la plus subtile : c'est
notre souci d'être compris, d'être perçus, spirituellement parlant, comme nous
voudrions l'être par les hommes. Jusqu'à ce que nous cessions de regarder à
l'homme, y compris à l'homme spirituel que nous pensons être ou désirons être
aux yeux d'autrui, nous sommes incapables de servir Dieu de manière apostolique.
Il nous faut être si parfaitement dépouillés de ce moi, si bien affranchis de
tout souci concernant cet homme-là, cet ultime séducteur, subtil et cruel entre
tous, qui, lorsque nous avons renoncé à toutes les autres séductions, a encore
le pouvoir de nous trahir et de nous entraider dans le compromis, d'entretenir
en nous le besoin d'être compris par les hommes de la façon dont nous, nous
désirons être compris et approuvés. Il nous faut parvenir au point où nous ne
regardons plus à aucun homme, quel qu'il soit : même pas à nous-mêmes ni à notre
propre regard. Aussi Paul pouvait-il dire : "Soyez mes imitateurs comme je
suis celui de Christ", sans une ombre d'arrogance ni de témérité. C'est nous qui
le trouvons arrogant, parce que nous projetons sur lui cet ego dans lequel nous
vivons encore, car nous ne sommes pas tombés face contre terre, nous n'avons pas
été aveuglés par cette lumière divine qui l'avait rendu aveugle. Vous projetez
sur lui votre propre idée de "l'homme", vous pensez que cette déclaration émane
de son ego, parce que vous ne comprenez pas un homme qui a cessé de regarder à
l'homme et qui ne tient plus compte de lui-même. Il n'a plus besoin d'être
reconnu, il peut se laisser mépriser, rejeter, traiter comme le rebut du monde,
parce qu'il ne regarde plus à l'homme. Cette lumière venue d'en haut l'a aveuglé
une fois pour toutes à cette manière de voir qui fait de nous des infirmes, à ce
regard que nous portons sur nous-mêmes ; nous nous privons par là de notre
simplicité spirituelle et donnons dans le compromis.
"Tout tremblant et
stupéfait, il dit : 'Seigneur, que veux-tu que je fasse ?" J'hésite à faire un
appel ce soir, à vous inviter à dire : "Seigneur, que veux-tu que je fasse ?"
Car, bien sûr, vous le direz ; mais vous n'en serez pas transformés car il faut,
pour le dire, être "stupéfait et tout tremblant". A Dieu ne plaise que cela
devienne l'ultime contrefaçon, la pire et la plus cruelle des contrefaçons, par
un appel auquel nous n'avons aucune peine à répondre par nous-mêmes. Ne
pratiquons-nous pas déjà cela avec ce que nous appelons nos repentances, nos
confessions, et autres déclarations auxquelles nous nous livrons un peu trop
facilement ? Vous reconnaîtrez qu'une démarche est authentique à ceci : elle
vous fait passer par mille morts. Méfiez-vous de tout de ce qui est facile, peu
coûteux, tout en étant correct. La plus cruelle des désillusions, c'est de
découvrir qu'une démarche apparemment irréprochable était mensongère. C'est
"stupéfait et tout tremblant" qu'il faut dire : "Seigneur, que veux-tu que je
fasse ?"
Soyez assurés que si ce soir vous prononcez cette parole, le
Seigneur qui l'a inspirée entendra celle que vous prononcerez et vous prendra au
mot. Votre vie sera changée à compter de ce soir, une fois que vous aurez dit
cette parole. Des éléments qui restaient bloqués se mettront à bouger, car ils
attendaient cette déclaration qui doit venir de vous, et qui ne peut être faite
droitement que si elle est véridique, s'il ne s'agit pas d'un réflexe religieux,
et si vous êtes "stupéfait et tout tremblant". Voilà comment on passe d'un bord
à l'autre. Nous sommes nombreux à avoir déjà dit : "Seigneur, qu'est-ce qu'il
faut que je fasse ?" mais dans le seul cadre d'une détresse particulière, ou de
tel besoin précis. Mais combien, parmi nous, ont mis en cause le fondement même
de leur existence en posant cette question, une fois pour toutes, dans un
abandon total, déterminés à ne jamais reprendre ce qu'ils ont donné ? Une fois
qu'on a dit une telle parole, il est impossible de reprendre ce qu'on a dit.
Quelque chose a été enregistré dans les archives célestes. La parole a retenti
en présence de témoins, devant les principautés et les puissances de l'air ; une
fois pour toutes ! Cela demande un degré d'abandon auquel rien, dans ce monde,
ne nous a préparés. Notre monde est celui du relativisme, et le relativisme
de ce qui ne coûte rien et ne vaut rien ; de ce qui entre par une oreille et
ressort par l'autre. C'est le règne des "peut-être bien", des "j'imagine", des
"je suppose". Ce monde fuit et méprise le caractère absolu de Dieu ; il est donc
incapable de rencontrer Dieu sur le terrain de l'absolu. Rencontrer Dieu sur ce
terrain-là, dans l'absolu, en se donnant à lui sans réserve, c'est quitter une
fois pour toutes ce monde où règnent le compromis et le relativisme, pour
connaître le caractère absolu du Royaume des cieux.
C'est pourquoi
aujourd'hui, j'ajoute le jeûne à la prière. Je sais que ce soir, une transaction
peut être scellée par des humains "tout tremblants et stupéfaits" au point que
la terre sera ébranlée, et que seront déclenchés sur la terre des événements
tels qu'ils donneront lieu à des célébrations aux siècles des siècles. Rien de
tout cela n'est à la portée de l'être humain : il faut que cela soit donné par
Dieu, en même temps qu'il doit sortir une parole de la bouche d'hommes
consentant à "tomber par terre". Soyez-en certains, vous ne serez plus les mêmes
quand vous vous relèverez.
Quand on réitère
cette question sans cesse tout au long de sa vie, alors on est
converti.
Où en êtes-vous ce soir ? Dans
quelle situation êtes-vous ? Etes-vous simplement "sauvé", ou bien êtes-vous
converti ? Dès l'instant où Dieu entendra votre déclaration, Lui qui attend
depuis si longtemps, il répondra : "Lève-toi, et va, et on te dira ce que tu
dois faire. Mais avant de recevoir une instruction, avant d'être sûr de ce qu'il
faut faire, lève-toi et va". Se lever ainsi, c'est avoir part à la force et à la
puissance de la vie de résurrection elle-même ! Remonter ainsi de la mort dans
laquelle vous êtes descendu, en tombant comme mort devant cette lumière, ce
n'est nullement "rassembler vos propres forces" ; c'est recevoir une force
communiquée par la vie même du Seigneur. Se lever ainsi et aller, c'est être
appelé à des choses qui dépassent totalement nos capacités personnelles. C'est
une exigence qui nous transporte sur le terrain de la résurrection. Voilà ce qui
rend glorieuse l'œuvre apostolique. Voilà pourquoi Paul, ce prince des apôtres,
était celui qui ponctuait le plus souvent ses prières de ce cri : "Seigneur, qui
est suffisant pour ces choses ?" Alors même que je prononce ces mots, je
m'adresse à une assemblée de gens extrêmement capables, à la formation très
poussée, dont les vies sont parfaitement en ordre, et qui pourraient faire des
choses impressionnantes, pour peu qu'ils s'y mettent.
Mais, chers amis,
Dieu vous appelle à Le servir dans une dimension qui dépasse toutes vos
capacités propres. I1 dit : "lève-toi et va". Lorsqu'il dit "lève-toi", il ne
s'agit pas d'une simple invitation, mais d'une communication de cette vie
promise à celui qui a perdu tout espoir de servir Dieu au moyen de ses propres
capacités. J'ai vu des hommes adultes se mettre à trembler et à pleurer quand
ils ont entendu cette parole stupéfiante. Jusque-là, tout leur réussissait
merveilleusement. Ils servaient Dieu avec compétence et efficacité quand cette
parole-là leur a transpercé le cœur comme une épée, les faisant trembler et
tomber à terre comme des hommes morts. Puis lorsqu'ils s'étaient relevés
physiquement et avaient pris place sur une chaise, encore tout interloqués, ils
me disaient : "Mais, Art, dans l'Eglise on m'a toujours encouragé à servir en
raison de mes diplômes, de ma formation. On m'a demandé de rendre service sur ce
plan-là, et jusqu'à présent, tout a très bien marché". Mais désormais, il est
clair qu'il s'agit de bien autre chose que de capacités personnelles. Personne
ne se lève et ne va, si ce n'est dans la puissance de cette vie indestructible
qui releva Jésus d'entre les morts. Cette vie qui nous relèvera, nous aussi, si
nous consentons à nous laisser foudroyer et abaisser jusqu'à terre, pour devenir
aveugles à tout ce que nous tenons pour une compétence, et à tout ce que nous
célébrions comme étant irréprochable. Devrons-nous, comme Saul, pour recevoir la
capacité de voir et de comprendre, attendre qu'un humble membre du Corps de
Christ vienne nous imposer les mains ?
Comme tout est parfait dans cette
conversion-là. Tous les éléments en ont été préparés dans le ciel par la sagesse
éternelle qui veut que ce grand Saul, cette force de la nature, soit foudroyé
par une lumière céleste plus vive que le soleil de midi, et soit emmené par la
main, dans l'impuissance totale, comme un enfant, pour qu'il connaisse la
dépendance totale, gisant sur le sol comme un homme mort. Aveugle pendant trois
jours et trois nuits, ne mangeant ni ne buvant, il fit le bilan de ses
conceptions "charismatiques". Le Seigneur mit à mort toute sa compréhension de
la foi, tout son système "évangélique". En effet, si Saul devait devenir un don
de Dieu à l'Eglise, il fallait que sa compréhension soit donnée par Dieu, et
reçue au travers de l'imposition des mains du plus humble des saints, Ananias.
Dans cette dépendance totale à laquelle Dieu le réduisit, Saul était heureux de
ce qu'un serviteur obéissant vienne, malgré ses craintes personnelles, accomplir
ce que Dieu avait ordonné : imposer les mains à Saul, pour que celui-ci puisse
voir. Il fallait que Dieu enseigne ce prince des apôtres sur le mystère, sur le
génie particulier du Corps de Christ, et cela dès le premier pas de sa marche
apostolique. Or c'est là une leçon que beaucoup d'entre nous n'avons pas
comprise, pas vécue, quoique nous en utilisions le vocabulaire. C'est par
révélation que cela se communique ; sinon, on reste aveugle. Nous avons beau
avoir sur les lèvres le terme "Corps de Christ", c'est comme une nouvelle mode,
un nouveau vocabulaire avec lequel nous jonglons et nous nous exprimons, mais la
réalité continue de nous échapper si nous n'en avons pas reçu la révélation.
Peut-être est-ce pour cela que nous sommes dans cet état qui est le nôtre. Nous
n'avons que les mots : il nous manque d'avoir accueilli une réalité profondément
humiliante, qui ne peut nous être communiquée que par l'opération du Corps sans
apparence ni éclat.
Mes amis, ce "lève-toi et marche" que certains
d'entre nous vont entendre aujourd'hui ne signifie pas forcément qu'il y aura
des changements visibles dans notre existence. Vous n'en irez pas moins au
travail demain ; vous retrouverez votre maison comme à l'accoutumée. En fait,
rien n'aura changé dans les circonstances extérieures, et pourtant, en
profondeur, tout aura changé. Ce "lève-toi et va" met en branle toute une
dynamique céleste, si bien que les choses auxquelles nous retournons ne seront
peut-être pas toujours là. I1 ne vous appartient donc pas de vous évertuer,
de vous demander ce que vous avez à faire, une fois que vous aurez répondu au
Seigneur. Une fois la réponse donnée, ce "lève-toi et va" sera mis en place par
Dieu, aura sa logique interne, et se déploiera. "On te dira ce que tu dois
faire". Comme Abraham, vous vous entendrez dire : "Quitte ce pays et va dans
celui que je te montrerai. "I1 y aura toujours cette dimension du futur, qui
vous obligera à vous attacher avec tremblement au Seigneur ; et il ne manquera
pas de vous montrer ce que vous aurez à faire le lendemain ou à l'instant
d'après. Ce n'est pas le genre de vie auquel notre société nous a préparés :
nous voulons savoir, être assurés, contrôler d'une main ferme nos propres
actions, nos motifs, et les retombées de nos actions. Mais Dieu dit : "Je te le
dirai, ce que tu dois faire." Et pour les hommes qui apportent une parole
comme celle qu'il plait au Seigneur de me confier, ce "je te le dirai" vaut même
pour la phrase qui va suivre ; que dis-je, pour le mot qui va suivre ! Je n'ai
aucune idée de ce que sera ma phrase suivante. "Et maintenant, Seigneur ?"
devrez-vous dire. Vous ne pourrez pas vous appuyer sur vos notes ; vous ne
pourrez que vous attacher à ce que donne, instant après instant, le Dieu qui
nous a appelés, qui nous appelle à une dépendance si totale envers lui qu'il
faut faire violence à toute la force, à toute l'assurance que le monde voudrait
mettre en nous. C'est ainsi que vit un pèlerin, et on ne s'y habitue
jamais. Les réussites d'hier ne suffiront pas pour aujourd'hui. A présent,
les conséquences ont encore plus de poids ; notre enjeu, c'est la vie ou la
mort ; c'est de l'éternité qu'il s'agit. Qui donc est suffisant pour apporter
une parole semblable ? Quand on se lève et qu'on va, c'est-à-dire quand on
commence à parler, on est conduit. Mais il faut vivre avec la tension que cela
implique, comme le firent Abraham et tous les vrais chrétiens qui ont répondu à
un appel de cette nature, car il y a des choses qu'on doit absolument faire :
des choses que personne d'autre ne peut accomplir, qui ne seront confiées à
personne d'autre. Elles deviennent claires ; il s'agit d'une œuvre préparée
d'avance, d'une obligation qui est la vôtre. Mais Dieu n'est pas libre d'en
donner la révélation ; de la rendre manifeste, tant qu'il ne vous a pas entendu
dire : "Seigneur, que veux-tu que je fasse ?" "On te dira ce que tu dois
faire, dit le Seigneur, quand tu consentiras à soumettre ta personne à la
mienne, une fois pour toutes". Alors, ton but et ta vocation pourront être
révélés, rendus manifestes. Ce ne sera pas ce que tu imaginais, ce sera ce que
le Seigneur a voulu pour toi, ce que désormais il te montrera. Les conditions
sont alors réunies pour que Dieu procède à l'envoi apostolique, révèle la raison
d'être qui est la nôtre et qui a des conséquences éternelles. Voilà l'antidote à
l'ennui religieux. Voilà la foi parfaitement sérieuse qui convainc même nos
propres enfants.
Savez-vous à quel signe on reconnaît que nous sommes
parvenus à l'authenticité apostolique ? C'est au fait que nous arrivons à
convaincre même nos propres enfants que ce que nous faisons est authentique et
sérieux. Ces enfants ont un flair extraordinaire pour juger du degré de sérieux
de leurs parents et des autres adultes. Ils se posent la question : "Dans quelle
mesure est-ce que cela m'engage, moi aussi, bien que je sois jeune ? S'agit-il
simplement d'une activité comme une autre, à laquelle ces adultes s'adonnent,
parce qu'il se trouve que cela leur plait ?" Nous saurons que nous sommes
parvenus à l'authenticité apostolique en tant que corps quand nous aurons
convaincu nos propres enfants ! Si nous n'avons pas su convaincre nos enfants,
les conséquences négatives dépasseront tout ce que nous pouvons
imaginer.
Nous nous satisfaisons, pour l'instant, d'une situation
inférieure au projet sacrificiel de Dieu, et nous acceptons d'en rester là. Nous
avons dépéri en nous complaisant du mauvais côté du fleuve, là où sont les beaux
pâturages qui engraissent notre chair. Dans pratiquement toutes les familles,
cela entraîne, pour le Royaume, des pertes incalculables. Tant que nous en
restons là, nos meilleurs efforts religieux n'ont-ils pas consisté à "persécuter
les saints", à les bercer, à les endormir pour qu'ils se contentent d'une
situation inférieure, alors que, comble de l'ironie, nous parlons le langage
"apostolique", "prophétique" ? Jésus a dit à Saul : "En persécutant l'Eglise,
c'est moi que tu as persécuté." Ne sommes-nous pas coupables d'avoir persécuté
l'Eglise si nous lui avons dispensé quelque service inférieur à ce qui est donné
d'en haut ? N'est-ce pas dépouiller les chrétiens que de les encourager à penser
que la justesse doctrinale et la formulation verbale correcte de la vérité sont,
en fait, la vérité elle-même ? N'est-ce pas une façon de nous figurer que nous
sommes parvenus au but, alors que nous n'avons même pas encore posé le pied en
terre promise (ne parlons pas d'en avoir conquis les villes fortes) ? Ne
sommes-nous pas encore du côté du désert ? N'avons-nous pas persécuté l'Eglise
en lui donnant moins que son dû, tout en apposant sur nos activités l'étiquette
"apostolique" ou "prophétique", condamnant ainsi ceux qui nous écoutent à
dépérir dans le désert sans même qu'ils se rendent compte de leur
état ?
Alors Saul se releva de terre ; quand ses yeux s'ouvrirent, il ne
regarda plus à l'homme. Plus jamais il ne devait regarder à l'homme, ni craindre
l'homme. I1 avait trouvé la clé de l'intrépidité apostolique, de l'audace qui
exclut le compromis : regarder à Dieu seul. Tout, désormais, serait pour l'amour
de Dieu, et plus rien pour l'amour de lui-même. Cela ressort des écrits de Paul.
Jamais il ne dit : faites cela pour l'amour de moi. L'amour de lui-même n'a plus
droit de cité. Tout est pour l'amour des autres et pour l'amour de Dieu. Quelle
Eglise n'aurions-nous pas aujourd'hui si nos responsables étaient des hommes de
cette trempe-là ! Tant qu'il n'en est pas ainsi, nous supportons des privations
qui équivalent à une persécution ; les responsables de l'Eglise ont besoin de
reconnaître cela et de tomber face contre terre devant Dieu.
L'homme qui
avait persécuté le Corps de Christ, faute d'avoir reconnu le Chef de ce Corps, a
reçu des yeux pour voir et a reçu la vision apostolique par l'imposition des
mains du plus humble des membres du Corps. Dès le départ, le prince des apôtres
apprit à quel point il dépendait du Corps. Il fut enseigné sur cet organisme
extraordinaire qui glorifie Dieu par son existence même. Si nous ne gisons pas,
aveugles, sans manger ni boire pendant trois jours (c'est-à-dire en abandonnant
nos catégories de pensée traditionnelles), nous ne verrons rien et serons
condamnés à employer l'expression "Corps de Christ" alors qu'en fait, nous ne
sommes même pas reliés à ce Corps ; et pourtant, nous ne cessons de le célébrer
en croyant qu'ainsi nous rendons un culte à Dieu !
"Au même instant, il
tomba de ses yeux comme des écailles… il se leva. "C'est, je l'espère, ce qui se
passe en ce moment. "Et aussitôt il se mit à prêcher Jésus dans les synagogues
en disant que c'était le Fils de Dieu." Et aussitôt, du même coup, Paul s'exposa
à l'hostilité, aux persécutions de ces hommes qui vouent une haine
particulièrement virulente à tout ce qui est authentiquement apostolique. Ils ne
peuvent pas supporter cette véracité qui les interpelle ! "Exterminons cet
individu-là, dirent-ils, il n'est pas digne de rester en vie !" Ils poussaient
des cris, ils déchiraient leurs vêtements, et ils jetaient de la poussière en
l'air. Qu'a donc de particulier un converti pour que les puissances des ténèbres
se déchaînent et se mettent à écumer de rage, pour que des hommes soient à ce
point hors d'eux, enragés, remplis d'un esprit de fureur, incapables de
supporter qu'un tel homme reste en vie ? Quel homme, quel homme céleste ! Quel
serviteur pour l'Eglise, pour l'amour de l'Eglise et pour l'amour de Dieu !
Voilà l'oubli de soi qui œuvre jour et nuit, qui annonce tout le conseil de Dieu
sans trembler à la pensée que ce conseil peut être soit compris et accepté, soit
rejeté et considéré comme un scandale. Un tel homme ne se soucie pas des
conséquences que cela entraînera pour lui-même, car tout au long de son
existence retentit l'écho de cette déclaration suprême : "Seigneur, que veux-tu
que je fasse ?"
Inclinons-nous maintenant devant le Dieu de Paul, ce Dieu
dont le Nom demeure "Je suis", et "Jésus". Il y a beaucoup de sauvés et peu de convertis. La conversion
est un abandon sans réserve, ou bien elle n'est pas. Il s'agit du don
inconditionnel de soi-même à Dieu par l'Esprit, chose que le monde ne peut
souffrir, et qu'il combattra toujours, parfois à mort. Mais les œuvres
qu'accomplit un tel homme ont des conséquences éternelles.
Alors, au Nom
de Jésus, et en tant que ministre de cette Parole, je vous invite à répondre
avec crainte, tout tremblants et stupéfaits, à ce Dieu qui a fait briller sur
vous Sa lumière. Jetez à terre tout ce qui est d'ordre inférieur, même si la
forme en est irréprochable et vous vaut les félicitations des hommes, même si
votre âme y trouve ses délices, afin que Dieu vous relève en vue des œuvres que
vous aurez à accomplir quand vous vous lèverez pour marcher. Pour marcher dans
la puissance de cette vie qui est donnée là où l'on s'abaisse pour mettre à mort
tout ce qui est inférieur. Que dans votre abaissement Dieu vous entende
prononcer cette seule parole : "Seigneur, que veux-tu que je fasse ?"
Je
crois qu'en ces instants il faut prendre le Seigneur à la lettre. I1 attend
cette déclaration explicite, en ces termes-là. Ne vous leurrez pas en vous
disant qu'il y a moyen de passer avec Lui quelque accord secret, en silence,
assis sur votre siège. Ne vous dites-pas : "Le Seigneur comprend, et accepte
cela". C'est précisément ce genre de raisonnement qui nous a privés de la
véracité, de l'authenticité, de l'autorité et de la puissance apostoliques.
N'essayez pas de sauver la face au moyen de quelque contrat privé et poliment
tourné, dans lequel vous fixez les conditions. Un seul contrat, et c'est le
Seigneur qui en fixe les termes ! Un don de vous-mêmes sans retenue, qui demande
que vous vous abaissiez physiquement, et que vous prononciez cette question qui
ne souffre aucune ambiguité : "Seigneur, que veux-tu que je
fasse ?"
Message issu du site : source de
vie.com
|